Vous avez trouvé une chauve-souris chez vous, blessée ou en situation d’urgence
Avant toute manipulation, portez des gants en cuir épais pour éviter tout risque de morsure, car un animal blessé peut tenter de se défendre. Suivez le questionnaire pour savoir comment agir en fonction des différents cas de figure.
Est-elle blessée ?
Un arbre de décision est mis à votre disposition pour savoir comment agir en fonction des différents cas de figure.
Le réseau « SOS Chauves-souris », constitué essentiellement de bénévoles, a pour objectif de répondre à vos interrogations et de vous aider en réalisant des sauvetages, des transferts en centres de soin ou simplement en discutant de la cohabitation avec les chauves-souris. Les appels sont reçus tout au long de l’année, mais un pic a lieu généralement en été (de juin à septembre). Les bénévoles étant à ce moment-là très sollicités, les interventions de SOS suivent le degré d’urgence des demandes.
Afin que l’aide reçue soit la plus rapide et la plus adaptée possible, nous vous conseillons d’appeler l’association qui s’occupe des SOS de votre département. La liste des associations est consultable sur le site de la SFEPM.
Pour rappel, la législation française interdit la perturbation intentionnelle (ainsi que la destruction, la mutilation, la capture, la naturalisation, le transport, la vente et l’achat) des chauves-souris, ainsi que l’altération de leurs aires de repos et de leurs sites de reproduction.
Situations courantes
Vous avez trouvé une chauve-souris, l’animal vole chez vous ou semble en difficulté : vous trouverez ci-dessous les questions les plus fréquentes et des préconisations pour chacun des cas.
Des chauves-souris habitent chez moi, que faire ?
Entre mai et septembre, des femelles de chauves-souris se regroupent parfois dans les bâtiments pour mettre bas et élever leurs petits, profitant de la chaleur des combles pour économiser de l’énergie. Leur présence indique un environnement de qualité, comprenant des milieux naturels favorables à leur chasse à proximité.
Le principal désagrément lié à ces colonies est le guano, constitué de restes d’insectes non digérés. Ces crottes sèches et friables ne tachent pas et peuvent être utilisées comme fertilisant. Les chauves-souris, exclusivement insectivores, ne causent pas de dommages matériels : elles ne rongent ni bois ni câbles, et ne construisent pas de nid. Les bruits perçus sont simplement liés à leurs déplacements.
Dérangement des chauves-souris
Les chauves-souris sont des animaux sensibles particulièrement vulnérables au dérangement, d’autant plus lors de l’hibernation ou lors de la période de reproduction. En effet, durant l’hibernation, la chauve-souris diminue ses fonctions métaboliques afin d’économiser ses réserves énergétiques. Elle entre en léthargie : le rythme cardiaque diminue considérablement, la respiration se ralentit (jusqu’à des apnées de 90 minutes) et la chute de la température corporelle est importante. La réactivation du métabolisme en sommeil entraîne une importante dépense d’énergie. Le dérangement répété de l’animal en état d’hibernation peut ainsi entraîner son épuisement, voire sa mort. Un dérangement en période de reproduction peut quant à lui provoquer un avortement chez les femelles en gestation et des chutes mortelles chez les jeunes.
Si vous êtes en présence d’un gîte occupé, limitez les dérangements au maximum : réduisez le nombre de visites au strict minimum, ne faites pas de bruit, n’éclairez pas les chauves-souris directement, et ne prenez pas de photos des pensionnaires avec un flash !
Une chauve-souris vole dans mon salon, que faire ?
Les chauves-souris peuvent rentrer dans une pièce d’habitation pour deux raisons principales :
- La première est la chasse. En effet, les nuits du printemps à l’automne sont propices à la consommation d’insectes en tout genre et votre habitation se transforme en garde-manger pour ces petits mammifères insectivores !
- Le deuxième cas est celui d’une intrusion accidentelle. Les jeunes chauves-souris ont encore un vol maladroit et peuvent entrer par inadvertance dans votre habitation.
Dans les deux cas, ne les pourchassez surtout pas : cela ne fera que les effrayer davantage. Éteignez simplement la lumière, ouvrez fenêtres et rideaux en grand et sortez quelques minutes de la pièce en fermant bien la porte. La chauve-souris sortira d’elle-même.
Si toutefois la chauve-souris ne quitte pas la pièce, prenez contact avec le centre de soin le plus proche ou l’association locale du réseau SOS-Chiroptères.
Si les visites deviennent trop fréquentes, une simple moustiquaire à votre fenêtre empêchera les intrusions et sera sans danger pour les chauves-souris.
Attention ! Ne la rejetez surtout pas dehors pendant la journée. Désorientée, elle pourrait être à la merci de prédateurs, comme les chats.
J’ai trouvé une chauve-souris blessée
Soyez sûr, dans un premier temps, d’avoir réellement affaire à une chauve-souris en danger. Une chauve-souris dans la gueule d’un chat, statique au sol, au pied d’un mur ou en plein soleil est probablement en péril. En revanche une chauve-souris paisiblement accrochée entre deux chevrons sous une avancée de toit ou derrière un volet est dans son élément naturel !
Avant de la manipuler, munissez-vous d’une paire de gants épais (jardinage, cuir…) ou, à défaut d’une serviette. La chauve-souris, si elle est blessée et qu’elle souffre, peut essayer de mordre pour se défendre. Soyez délicat, l’animal est fragile.

Portez toujours des gants si vous devez manipuler l’animal.
Placez-la délicatement dans une boîte en carton (type boite à chaussures) bien fermée munie de petits trous dans le couvercle (attention, un trou trop grand dans la boîte pourrait être pour elle le chemin de l’évasion), contenant une coupelle d’eau pour qu’elle puisse boire et un torchon de manière à ce qu’elle puisse s’y agripper. Opter pour un torchon blanc permet de voir si elle est blessée (observation de traces de sang).
Mettez la boîte dans un endroit calme et frais, à l’abri d’un éventuel danger, tel qu’un chat, puis contactez au plus vite le centre de soins le plus proche. Vous pouvez réaliser une bouillotte que vous placerez dans la boîte pour la réchauffer : mettre de l’eau très chaude dans un petit pot (à confiture par exemple) fermé hermétiquement et enroulé dans une chaussette ou un gant de toilette pour que l’animal ne se brûle pas.
J’ai trouvé un bébé chauve-souris

Généralement, les Chauves-souris ne donnent naissance qu’à un seul petit par an, entre juin et juillet. Mis à part pendant cette période, la découverte d’un jeune non volant est à exclure. Un bébé est de couleur gris-rose avec un poil très ras. Le pelage pousse au fur et à mesure de sa croissance. La taille chez les Pipistrelles peut surprendre (longueur = ½ pouce !).
Pour un bébé chauve-souris, il est toujours préférable d’être auprès de sa mère. Il faut donc repérer la colonie, qui est souvent à l’aplomb du lieu de découverte. Le jeune placé à quelques centimètres du trou remontera de lui-même sous le toit d’où il est tombé. Le placer en hauteur à la tombée de la nuit, pour que la mère puisse venir le récupérer est aussi une solution. Vous pouvez mettre en place un dispositif simple, surnommé “la chaussette magique”, pour faciliter la récupération de la mère. Une vidéo du dispositif, composé d’un plat, d’un verre et d’une chaussette est consultable sur le Facebook du Museum d’Histoire naturelle de Bourges.
Et voici en images “la chaussette magique” pour aider une jeune chauve-souris non volante à retrouver sa mère. Pour tenter l’opération il faut être sûr que la colonie est bien dans le bâtiment où a été trouvé le jeune.
La mère, si elle est toujours là, devrait venir se poser et récupérer son petit. Si le lendemain matin, au lever du soleil, le jeune est toujours en place l’acheminer vers un centre de soins. Taux de réussite espéré 50%. Si la colonie n’est pas retrouvée, il faut prendre contact avec le centre de soin le plus proche de chez soi.
J’ai trouvé une chauve-souris morte
Si vous trouvez une chauve-souris morte, ne la touchez pas à mains nues. Munissez-vous de gants pour la placer dans un contenant et contactez votre association locale du réseau SOS-Chiroptères ou l’ANSES-Nancy. Chaque trouvaille peut contribuer à améliorer les connaissances. Même des cadavres secs peuvent être identifiés par les spécialistes et permettre de réaliser un suivi épidémiologique complet des populations.