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Chauves-souris et agriculture en région PACA : l’alliance continue !

Texte par : DESPINASSE Jeanne, DEFRANCQ Antoine, COSSON Emmanuel. Groupe Chiroptères de Provence

Le projet « Intégration des Chiroptères dans les pratiques agricoles », soutenu par le Fonds Vert via l’Agence de l’Eau, poursuit son envol…

Cette année a été consacrée à la finalisation des dossiers bilans faisant suite aux diagnostics agroécologiques. Une première version de ces bilans a été transmise aux agriculteurs et agricultrices du projet. Elle propose une analyse de la favorabilité des fermes pour les Chiroptères selon plusieurs critères (présence de gîtes, connectivité des milieux, disponibilité des ressources…) ainsi qu’une série de recommandations pour améliorer ces différents éléments.

Le GCP a également assuré le suivi des nichoirs installés lors de l’hiver précédent. Réalisé en octobre 2025, ce temps fort a permis de former les paysans afin de leur donner les clés pour réaliser eux-mêmes les prochains suivis. Et les résultats sont très encourageants ! Des chauves-souris se sont installées sur l’ensemble des fermes participantes. Si le rythme d’installation varie d’un site à l’autre, certains éléments font clairement la différence : la proximité d’une haie, d’une zone d’hydratation ou d’autres gîtes (bâtiments, arbres). Installées près des cultures, les chauves-souris sont désormais prêtes à assurer pleinement leur rôle d’auxiliaires agricoles.

Depuis 2025 et pour 3 ans, le Syndicat Général des Vignerons des Côtes-du-Rhône porte le programme « Chiroptères & Viticulture en Vaucluse », destiné à aider les vignerons à mettre en place des actions agroécologiques favorables aux Chiroptères. L’objectif est double : mieux gérer la pression des vers de la grappe (Cochylis et Eudémis) tout en répondant aux enjeux environnementaux actuels.

Ce programme est financé par l’Etat au travers du Fonds vert et est co-financé par la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), la Région Sud-PACA, et le GCP.

Le programme repose notamment sur une phase clé : la réalisation de diagnostics agroécologiques. Ceux-ci permettront d’identifier les besoins et les spécificités de chaque domaine viticole afin d’établir un plan d’actions adapté à chacun. Les actions qui seront mises en œuvre sont variées et complémentaires : plantation de haies, implantation de couverts végétaux, analyse de sols, déploiement du vitipastoralisme ou encore pose de nichoirs à chauves-souris, adaptations de bâtis… autant de leviers pour accueillir la biodiversité au sein des parcelles.

: Suivi de nichoirs en lisière de vignes dans le Vaucluse (© Julie Tardif)

En 2025, une première phase de travail a été menée avec la réalisation d’un diagnostic territorial de connectivités, conduit par Landscape Biodiversity Solutions (LBS), entreprise experte en géomatique, et le GCP. Cette étude a permis de mettre en évidence des zones à enjeux de restauration et/ou d’implantation de haies, et qui serviront de base aux actions futures du programme. Les viticulteurs ont observé que les secteurs les plus soumis aux vers de la grappe sont les plus dégradés en termes de connectivités écologiques. Ces dernières sont parfois totalement absentes sur de très vastes surfaces en viticulture intensive.

D’autres actions sont à venir avec plusieurs prestataires.

Figure : Zonage du territoire du Vaucluse par analyse de connectivité (Landscape Biodiversity Solutions).

La Betweenness Centrality (BC) est un indice de connectivité utilisé en théorie des graphes, il mesure l’importance d’un nœud ou d’un lien pour relier les autres éléments du réseau.

Pour des raisons techniques, la section concernant les environs d’Avignon est manquante.

La Région Sud-PACA s’engage activement en faveur de la préservation des Chiroptères en milieu agricole. Par son soutien financier au GCP, elle participe pleinement à la mise en œuvre des objectifs du Plan Régional d’Actions en faveur des Chiroptères (PRAC)

L’objectif de cette année était clair : créer du lien entre les différents partenaires et structures, monter en compétences collectivement et faciliter l’émergence de projets multi-acteurs. Bref, faire équipe pour mieux agir !

Pour y parvenir, plusieurs événements ont été organisés. Une session de formation aux outils de sensibilisation et de diagnostics développés par le GCP — grâce au Fonds Vert et au soutien de la Région Sud-PACA — s’est tenue aux Vergers et Jardins Conservatoires de la Thomassine, en présence d’agents du Parc Naturel Régional du Luberon. Cette formation s’est prolongée par la réalisation collective du diagnostic du site de la Thomassine, une belle occasion d’apprendre en faisant.

: Journée « Chauves-souris et agriculture » au GRAB. (© Emmanuel Cosson)

Dans la continuité, le GCP a animé une journée technique intitulée « Chauves-souris et agriculture : faire émerger mon projet », financée par la Région Sud-PACA. L’événement a réuni une trentaine de participants venus d’horizons variés : structures agricoles, animateurs de sites Natura 2000, associations naturalistes, Région Sud-PACA, Agence de l’Eau RMC, OFB… Cette journée s’est déroulée à Avignon, dans les locaux du Groupe de Recherche en Agriculture Biologique (GRAB). Au programme : visite de la ferme de la Durette et échanges autour de nombreux projets faisant le lien entre agriculture et chiroptères : outils de sensibilisation, stratégies agroécologiques portées par la Chambre d’Agriculture des Bouches-du-Rhône, et même la découverte d’un petit nouveau en région Sud-PACA… le réseau Paysans de Nature.

L’année 2025 a marqué une nouvelle étape pour le réseau associatif Paysans de Nature. Né en 2021 en Vendée à l’initiative paysannes et paysans ainsi que de la LPO Vendée, le réseau poursuit aujourd’hui son développement à l’échelle nationale. Cette dynamique s’est concrétisée par son arrivée en région PACA, à la suite de la signature d’une convention entre Paysans de Nature, Bio de Provence et le GCP lors des rencontres nationales du réseau dans l’Allier. Elle vise à structurer et déployer le réseau à l’échelle régionale, sur la base d’une vision partagée et de la démarche Paysans de Nature.

Signature de la convention d’animation entre Paysans de Nature, Bio de Provence et le GCP (21 septembre 2025) (© Phillipe  Rocher).

Le réseau s’appuie sur trois constats majeurs : le déclin de la biodiversité en milieu agricole, la disparition de plus de la moitié des petites fermes françaises entre 1988 et 2016, et une demande croissante des consommateurs pour des produits respectueux de l’environnement, qui a doublé depuis 2012. Face à ces enjeux, il défend une démarche collective associant citoyens, paysans et naturalistes, avec un double objectif : favoriser l’accueil de la biodiversité sauvage sur les fermes et soutenir l’installation de paysans et paysannes partageant cette vision.

En PACA, l’année 2025 a permis de poser les bases du réseau, grâce au travail de structuration et de coordination assuré par Bio de Provence et le GCP, structures animatrices du réseau. Leur action se traduit par l’organisation d’évènements de terrain (inventaires naturalistes, chantiers collectifs, rencontres), mais aussi par l’accompagnement des initiatives locales, à travers le montage de projets validés par les paysannes et paysans, la recherche de partenaires et de financements et la valorisation des actions menées au bénéfice de la biodiversité et des paysannes et paysans. L’objectif est bien le déploiement d’une agriculture tournée vers l’agroécologie favorable à toutes et tous : alimentation de qualité, santé, protection de la biodiversité dont les chauves-souris, un des meilleurs auxiliaires de cultures.

Pour la suite, cette alliance choisit de continuer à faire germer l’engagement, en accompagnant la naissance de groupes locaux et en proposant des Dialogues Permanents pour la Nature ainsi que des Commissions pour le Progrès de la Biodiversité. Ces outils, imaginés par Paysans de Nature, sont en réalité des espaces de rencontre au cœur des fermes, là où la parole circule, où les idées s’enracinent et où les actions en faveur de la biodiversité s’implantent. Le GCP prendra part, en 2026, à ces moments de partage en apportant des connaissances et des conseils autour des Chiroptères. Déjà des rencontres sont prévues à Cadenet (84) et Barcillonnette (05) en 2026.

Ces différents projets illustrent les potentialités offertes par l’intégration de la biodiversité, et en particulier des chauves-souris, dans les pratiques agricoles. Ils s’inscrivent dans un ensemble plus large de projets territoriaux visant à renforcer les liens entre activités agricoles et préservation des écosystèmes tel que le projet NewDIL porté par le GRAB et financé par l’OFB, et qui vise à étudier le rôle des auxiliaires de culture (dont les Chiroptères en contexte d’agroforesterie et de maraîchage diversifié).

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