Publié le 23/10/2018

SOS Chauves‑Souris

Le réseau « SOS Chauves-souris », constitué essentiellement de bénévoles, a pour objectif de répondre à vos interrogations et de vous aider en réalisant des sauvetages, des transferts en centre de soin ou simplement en discutant sur la cohabitation avec les chauves-souris.

Les appels sont reçus tout au long de l’année mais un pic a lieu généralement en été (de juin à septembre). Les bénévoles étant à ce moment-là très sollicités, les interventions de SOS suivent le degré d’urgence des demandes.

Afin que l’aide reçue soit la plus rapide et la plus adaptée possible, nous vous conseillons d'appeler l’association qui s’occupe des SOS de votre département. La liste des associations est consultable sur le site de la SFEPM.

Vous trouverez ci-dessous les questions les plus fréquentes et des préconisations pour chacun des cas.
Un arbre de décision est mis à votre disposition pour savoir comment agir en fonction des différents cas de figure.   

Pour rappel, la législation française interdit la perturbation intentionnelle (ainsi que la destruction, la mutilation, la capture, la naturalisation, le transport, le vente et l’achat) des chauves-souris, ainsi que l'altération de leurs aires de repos et de leurs sites de reproduction.

 

Des chauves-souris habitent chez moi, que faire ?

A partir du mois de mai et jusqu’en septembre, les femelles de plusieurs espèces peuvent se rassembler dans les bâtiments pour mettre bas et élever leurs petits. Elles recherchent la chaleur autant pour elles que pour les jeunes à naître, afin de minimiser l’énergie à dépenser pour leur réchauffement et l’utiliser ainsi pour leur croissance. 

Si les chauves-souris se sont installées chez vous, c’est qu’elles y trouvent des combles chauds et accessibles (un trou de 7mm suffit aux pipistrelles pour passer) et des terrains de chasse comportant des milieux naturels, arborés, un cours d’eau ou des zones humides non loin. Avoir des chauves-souris chez soi est donc le signe d’un environnement de qualité. (source : Groupe mammalogique breton)

Le désagrément principal d’une colonie est la présence de guano (les crottes de chauves-souris). Les fèces sont sèches et très friables car elles sont essentiellement constituées de restes non digérés d’insectes (exosquelette en chitine). Le guano ne tâche pas mais, pour faciliter le nettoyage, une bâche peut être posée sous la zone d’accroche. En Europe, aucune maladie n’est transmise par les crottes. Elles peuvent en revanche être utilisées dans le jardin car elles possèdent un fort pouvoir fertilisant.

Les chauves-souris étant strictement insectivores, elles ne constituent pas une menace pour la maison : elles ne rongent pas le bois ou les fils électriques. Elles ne construisent pas de nid, il n’y a donc pas de risque d’apport de matériau. Les bruits de grattement entendus sont liés tout simplement au déplacement des chauves-souris.

En cas d’autres interrogations sur la cohabitation, l’association locale « SOS Chiroptères » (réseau SOS chauves-souris) peut vous informer et vous conseiller.


Colonie entre des poutres d'une habitation ©Yoann Peyrard

Vous pouvez également signaler cette observation au spécialiste chauves-souris de votre région. C'est en signalant ces découvertes que vous contribuez à la protection et à l'étude des chauves-souris. Pour les aider ou vous renseigner tout simplement, vous pouvez réaliser quelques actions simples :

  • Localiser les entrées de gîtes pour savoir où il se trouve précisément. Il suffit d’aller dehors à la tombée de la nuit et de regarder d’où les animaux s’envolent.
  • Compter les chauves-souris de la colonie. Réaliser cette estimation permet de connaitre l’importance de cette population. Pour les compter, il suffit de se poster à la tombée de la nuit devant le gite et de recenser chaque nouvelle chauve-souris qui s’envole. Attention, il peut y avoir plusieurs minutes entre plusieurs envols.
  • Déterminer l’espèce ou les espèces présente(s). Certaines chauves-souris sont plus sensibles au dérangement que d’autres ou plus menacées que d’autres selon les régions. Une clef de détermination simplifiée des espèces vous est fournie ici. L’identification des espèces reste compliquée et pour obtenir plus qu’une ESTIMATION, il faut faire appel à un chiroptérologue averti.

 

J’ai trouvé une chauve-souris blessée

Soyez sûr, dans un premier temps, d'avoir réellement affaire à une chauve-souris en danger. Une chauve-souris dans la gueule d'un chat, statique au sol, au pied d'un mur ou en plein soleil est probablement en péril. En revanche une chauve-souris paisiblement accrochée entre deux chevrons sous une avancée de toit ou derrière un volet est dans son élément naturel !

Avant de la manipuler, munissez-vous d'une paire de gants épais (jardinage, cuir…) ou, à défaut d’une serviette. La chauve-souris, si elle est blessée et qu'elle souffre, peut essayer de mordre pour se défendre. Soyez délicat, l’animal est fragile.

Placez-la délicatement dans une boîte en carton (type boite à chaussures) bien fermée munie de petits trous dans le couvercle (attention, un trou trop grand dans la boîte pourrait être pour elle le chemin de l’évasion), contenant une coupelle d'eau pour qu'elle puisse boire et un torchon de manière à ce qu'elle puisse s'y agripper. Opter pour un torchon blanc permet de voir si elle est blessée (observation de traces de sang).

Mettez la boîte dans un endroit calme et frais, à l'abri d'un éventuel danger, tel qu'un chat, puis contactez au plus vite le centre de soins le plus proche. Vous pouvez réaliser une bouillotte que vous placerez dans la boîte pour la réchauffer : mettre de l'eau très chaude dans un petit pot (à confiture par exemple) fermé hermétiquement et enroulé dans une chaussette ou un gant de toilette pour que l’animal ne se brule pas.

Plus d’infos : SFEPM

 

J’ai trouvé un bébé chauve-souris

Généralement, les chauves-souris font un seul bébé par an sur la période de juin à juillet. Mis à part pendant cette période, la découverte d’un jeune non volant est à exclure. Un bébé est de couleur gris-rose avec un poil très ras. Le pelage pousse au fur et à mesure de sa croissance. La taille chez les Pipistrelles peut surprendre (longueur = ½ pouce !).

Pour un bébé chauve-souris, il est toujours préférable d’être auprès de sa mère. Il faut donc repérer la colonie, qui est souvent à l’aplomb du lieu de découverte. Le jeune placé à quelques centimètres du trou remontera de lui-même sous le toit d’où il est tombé. Le placer en hauteur à la tombée de la nuit, pour que la mère puisse venir le récupérer est aussi une solution. Une vidéo d’un dispositif simple, composé d’un plat, d’un verre et d’une chaussette est consultable sur le Facebook du Museum d’Histoire naturelle de Bourges.

Si la colonie n’est pas retrouvée, il faut prendre contact avec le centre de soin le plus proche de chez soi.

 

Une chauve-souris vole dans mon salon, que faire ?

Les chauves-souris peuvent rentrer dans une pièce d’habitation pour deux raisons principales :

  • La première est la chasse. En effet, les nuits du printemps à l’automne sont propices à la consommation d’insectes en tout genre et votre habitation se transforme en garde-manger pour ces petits mammifères insectivores !
  • Le deuxième cas est celui d’une intrusion accidentelle. Les jeunes chauves-souris ont encore un vol maladroit et peuvent entrer par inadvertance dans votre habitation.

Dans les deux cas, ne les pourchassez surtout pas : cela ne fera que les effrayer davantage.

Eteignez simplement la lumière, ouvrez fenêtres et rideaux en grand et sortez quelques minutes de la pièce en fermant bien la porte. La chauve-souris sortira d’elle-même.

Si toutefois la chauve-souris ne quitte pas la pièce, prenez contact avec le centre de soin le plus proche ou l'association locale du réseau SOS-Chiroptères.

Si les visites deviennent trop fréquentes, une simple moustiquaire à votre fenêtre empêchera les intrusions et sera sans danger pour les chauves-souris.

Attention ! Ne la rejetez surtout pas dehors pendant la journée. Désorientée, elle pourrait être à la merci de prédateurs, comme les chats.

 

J’ai trouvé une chauve-souris morte

Si vous trouvez une chauve-souris morte, ne la touchez pas à mains nues. Munissez vous de gants pour la placer dans un contenant et contactez votre association locale du réseau SOS-Chiroptères ou l’ANSES-Nancy. Chaque trouvaille peut contribuer à améliorer les connaissances. Même des cadavres secs peuvent être identifiés par les spécialistes et permettre de réaliser un suivi épidémiologique complet des populations.

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